Statut des auteurs

En ce moment, on parle des auteurs au sénat et ailleurs, de notre statut, de notre précarité. Je réfléchis beaucoup à la chaîne du livre : au poids de la diffusion, qui transforme des oeuvres en produits rentables, qui écrase la littérature sous des impératifs commerciaux.
En tant qu’auteurs, on est toujours heureux de parler de nos livres, toujours enthousiastes à les promouvoir. Derrière cette joyeuse vitrine, la vie éditoriale est beaucoup moins limpide: il y a les éditeurs qui annulent les projets en route, ceux qui pilonnent tes livres à peine nes, il y a ceux qui ne paient pas les droits, ceux qui ne te préviennent jamais quand ton bouquin est traduit au bout du monde, ceux qui travaillent avec toi pendant des années puis qui ne te répondent plus quand tu ne sers plus leurs intérêts, ceux qui te filent des pourcentages tellement miteux que tes royalties ne suffisent pas à payer ton pq... évidemment il y a ceux qui sont chouettes.
..il y a tous ces maillons et les auteurs qui sont toujours la dernière roue du carrosse. J’ai publié plus de cent livres et j’aime toujours autant écrire, toujours autant faire écrire, toujours autant rencontrer, partager...mais je m’interroge, jusqu’à quel point nous autres auteurs allons accepter ces conditions ? Avec mon amoureux, on tend à l’autonomie en toutes choses et c’est une clef. C’est le moment des bonnes résolutions, l’année se termine...Je crois qu’il est temps de nous libérer de nos chaînes.
Merci @isabelle.wlodarczyk pour ces mots si justes.



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